Exposition Mireille Gausi

Exposition jusqu'au 31 décembre 2020

Mireille Gausi est l’une des plus anciennes « pensionnaires » de la galerie, et c’est avec le plus grand intérêt que nous avons suivi l’évolution passionnante de sa peinture qui, d’exposition en exposition et en près de 20 ans, a gagné en intensité et en profondeur.  

Elle poursuit aujourd’hui sa recherche sur les passants et la ville en l’enrichissant de nouvelles tonalités.

La ville - Toulouse -  est beaucoup plus présente, très souvent identifiable grâce à quelques éléments architecturaux emblématiques, tel le Dôme de la Grave. Mais elle acquiert ici une dimension fantastique notamment grâce à des ciels d’orage quasiment expressionnistes.

Parfois également un jeu de caches géométriques vient troubler le second plan, dès lors non identifiable, si ce n’est par une ambiance colorée rappelant par exemple un mur de brique.

Les personnages à l’occasion se fondent dans le décor et ne sont détectables que par certaines parties du corps : un pied ou une tête apparaissant ici ou là, à l’improviste, fait surgir une silhouette jusqu’alors invisible. Cela peut devenir un jeu de chercher à repérer tous les personnages, un jeu pas toujours évident.

Autant que le dessin « figuratif », les taches colorées abstraites qui rythment l’image, tout en la brouillant quelque peu, participent largement à l’essence du tableau, lui apportant contrepoint et complexité. Les couleurs  sont encore exacerbées par le fond noir devenu systématique sur tous les tableaux de l’exposition.

 La facture reste enlevée, elliptique. La représentation n’est jamais neutre, objective, elle interprète la réalité de manière ambiguë. L’anecdote n’est pas le plus important, ce n’est qu’un point de départ. L’ambiguïté est vraiment une des forces de la peinture de Mireille Gausi, beaucoup d’éléments sont évoqués, allusifs et permettent souvent plusieurs interprétations. Le spectateur relie le tableau à ses propres références, à sa culture ou ses souvenirs, et ainsi se l’approprie.

La propension que nous ressentons, même inconsciemment, à « compléter » le tableau nous le rend plus proche, plus intime.

Curieusement, la lecture de certains tableaux change suivant la distance ou l’on se trouve. De près, on ne perçoit que des formes abstraites, des taches colorées semblant aléatoires qui, lorsqu’on s’éloigne, composent peu à peu comme par magie une scène identifiable. 

L’alliance improbable, et pourtant réussie, de couleurs fortes créée des harmonies très originales,  33parfois grinçantes, parfois plus douces, dotées d’un fort pouvoir de suggestion. 

C’est tout un univers que Mireille Gausi nous propose de visiter, un dépaysement garanti, bien loin de nos problèmes actuels.